mercredi 19 décembre 2012

Des mots, une histoire 86 l'homme au costume gris foncé (5)

Chapitres précédents :

1 - 2 - 3 - 4

Désir d'histoire

Et voilà le dernier chapitre...Ne vous précipitez pas sur la fin.

Récit de Richard Burel capitaine de police

 

J’avais passé les bracelets à tout ce petit monde, les Corroy et Madame Sylvie Desmoulins et son frère jumeau complice ; Thomas lui avait mis en garde à vue la mère de Laurine. Il avait fait son boulot correctement ; Il ne pouvait rien se reprocher. Je l’avais emmené dîné pour le distraire  mais il pignochait dans son assiette.

            « - Appelle ta belle,  lui fis-je avec un sourire. Elle a juste témoigné. Elle est rentrée chez elle.

-        J’ai arrêté sa mère… Et puis son histoire comment lui dire ? tu as oublié ?

Non, impossible ! Quatre jeunes filles ! Amies d’enfance… partageant tout. De la maternelle au lycée, des espiègleries aux premiers émois d’adolescentes ; Josèphe, Rose sa sœur cadette puis Sylvaine et Suzanne celle-ci un peu  plus jeune. Alain,  jumeau de Sylvaine avait pris une photo une journée chaude de mai. Vestige des temps légers et heureux.

Après tout est parti en vrille ; mauvaises fréquentations, délinquance, deals louches, argent facile puis les gros dérapages. Rose est restée dans le droit chemin…. Les autres sombrèrent.

Tout commença quand, Alain, étudiant aux beaux arts, faussaire de génie monta, avec sa sœur et Josèphe  puis  plus tard avec Suzanne, un réseau de trafic d’arts. Il peignait tableaux, sculptait, dessinait des pastels etc. Les filles organisaient les ventes. Les oeuvres s’écoulaient bien, jusqu’au jour où l’escroquerie fut éventée.  Grâce à un jeune avocat qualifié, Edouard Merlin, amateur d’arts, le quartet de malfrats put sortir du pétrin. Rose mit sa sœur à la porte, la sommant de ne plus remettre les pieds chez elle tant qu’elle n’aura pas de boulot sérieux…

Josèphe les remit  pourtant quelques mois après. Enceinte du fringant Edouard Merlin, parti exercer ses talents dans un prestigieux cabinet new-yorkais, elle se retrouvait à la rue. Il ne lui avait laissé que de la « menue monnaie » pour faire ce qu’elle jugerait bon ! Josèphe n’avorta pas.  Elle accoucha d’une petite fille, Laurine, s’en désintéressa totalement, la confia à Rose et repartit vers ses aventures douteuses mais juteuses. Rose n’a jamais osé dire la vérité à sa nièce… instinct de préservation de la famille probablement.

Après le récit de Rose beaucoup plus long et  détaillé, Thomas avait tout vérifié.

Le jumeau de Sylvaine, Alain, était faussaire parmi les meilleurs du monde, expert en calligraphie et spécialiste en faux papiers ; exit donc, Josèphe Gallonet et Sylvaine, voilà Joséphine Loriot et Sylvie Desmoulins, Suzanne garda son identité et épousa très jeune l’entrepreneur Adrien Corroy. Ils reprirent leurs « petites affaires. Grâce à lui, ils firent l’acquisition de deux maisons contiguës rue Lanterne. Ils s’arrangèrent pour les numéros de rue… Quoi de plus facile pour brouiller les pistes. Les œuvres transitaient par les souterrains, le salon de beauté-coiffure servait de couverture.

Mais même dans plus belle pelote de laine, il  y a des nœuds. Et il n’ait pas de bonne compagnie qui ne se quitte lorsque l’enjeu permet les trahisons.

L’apparition dans leur paysage de Monsieur Vincent Hugo, fut le nœud qui brisa la fragile harmonie. Généalogiste mandaté par un notaire, il avait recherché Laurine Gallonet, seule et très très riche héritière de Maître Edouard Merlin, avocat américain décédé d’une longue maladie. Avant de mourir, il avait mis ses affaires en ordre, et soulager sa conscience. Monsieur Hugo fit la même erreur que Thomas le jour du crime, entre le 18 et le 81 de la rue Lanterne. Il fut reçut par Suzanne Corroy croyant avoir affaire à Melle Gallonet. Quel héritage… un  émerveillement que tous ces dollars. Elle endossa l’identité de Laurine. Elle offrit une  contrepartie généreuse à Joséphine puis  oublia qu’en affaires il faut être réglo. Joséphine patienta plus d’un an avant de contacter  le notaire pour dénoncer l’escroquerie. Berné, Vincent Hugo fit une autre enquête et convint d’un nouveau rendez-vous. Suzanne prit peur  alerta sa sœur Sylvie qui conçut son plan diabolique et sut exactement quoi faire !

Elle  détenait la preuve de la filiation de Laurine. Oh depuis peu ! Laurine avait renversé  son sac à main, la précieuse photo avait glissé sous un meuble. Elle garda l’info secrète.

Le jour du rendez-vous, elle accueillit Vincent Hugo qu’elle poignarda  prenant bien soin de  laisser   l’arme du crime, une paire de ciseaux  de coiffeur, pour empêcher tous  saignements. Par le souterrain, le corps fut charrié et déposé dans le salon de Joséphine Loriot,  absente ce jour,  à cette heure précise. Elle arracha les ciseaux de la plaie afin  que le sang afflut et se répande.

Il ne restait plus à Sylvie qu’à rentrer  « Au temps pour soi », à raconter une histoire de téléphone, d’envoyer Laurine qui serait inévitablement soupçonnée ainsi que sa mère. Elle faisait d’une pierre deux coups, ensuite, elle vendrait le salon et disparaîtrait encore une fois changeant de nom.

Mariette, rentrée au salon pendant la pause de midi comprit trop tard que sa patronne avait menti. Elle le paya de sa vie, pauvre martyre d’une histoire qui la dépassait.

 Epilogue :

Laurine attendait sur le palier la mine un peu défaite, quand Thomas rentra chez lui.  

- Ton ami, Richard Burel m’a donné ton adresse… Je sais pour ma mère. C’était ton boulot !  Jusqu’à présent je ne la connaissais pas. Je l’aiderai si elle le souhaite.

Sans  laisser le temps de sa réponse, elle enchaîna :

- Nous deux, on fait quoi maintenant ?

Elle était entrée, déjà son parfum de benjoin embaumait la pièce. Elle ôta son  manteau découvrant une petite robe rouge cerise. Elle était ravissante et je n’ai pas résisté.

 Finle-baiser--1-

Lilou

 

Peu de mots pour ce n° 86 mais pas facile pour autant :

préservation – pieds – trouvailles – émerveillement – exactement – qualifier – charrier – monde – martyrs

 

Posté par lilousoleil à 18:34 - - Commentaires [10] - Permalien [#]

Commentaires sur Des mots, une histoire 86 l'homme au costume gris foncé (5)

    tous les ingrédients y sont : le frère jumeau, l'héritière qui s'ignore et les méchants malfrats ouf cela finit bien

    Posté par Valentyne, jeudi 20 décembre 2012 à 12:47
  • Eh bé, t'as pu t'en sortir, bravo !

    Posté par Olivia, vendredi 21 décembre 2012 à 14:07
  • Fin??? Veut dire qu'il n'y aura pas de suite??? Quoiqu'il en soit c'est une histoire très prenante!!!
    je te souhaite un bon Noël à défaut d'une fin du monde ratée hihi!!!
    Bisous
    Domi.

    Posté par dimdamdom59, vendredi 21 décembre 2012 à 19:18
  • Une histoire qui fini bien, il ne faut pas jouer au faussaire quand on veut doubler tout le monde.
    Bonne fête de fin d'année
    @mitié

    Posté par covix, samedi 22 décembre 2012 à 00:11
  • Quelle histoire! on rencontre vraiment tout le monde
    pas toujours très correct, et c'est amusant
    merci pour cette belle fin tout de même!

    Posté par patchcath, samedi 22 décembre 2012 à 05:41
  • réponse

    Réponse à tous : merci d'avoir lu avec bienveillance ma nouvelle en épisode. Je voulait terminer avant Noël pour na pas avoir de coupure dans la lecture qui risquai de démobiliser. C'est la première fois que j'écris une histoire qui dure aussi longtemps.
    Et c'est un exercice difficile pour un amateur comme moi. Si cela vous a plu, je suis contente, sinon, je ferai mieux la prochaine fois.

    Posté par Lilou, samedi 22 décembre 2012 à 06:52
  • Tu as bien eu raison Lilou. Un nouveau cycle commence après cette 183e fin du monde avortée
    Bravo pour ta vraie histoire avec même un épilogue !
    Bon Noël et bisous d'O.

    Posté par Soène, samedi 22 décembre 2012 à 14:47
  • Très belle fin. L'énigme est enfin résolue, mais est-ce la fin de l'histoire pour autant ? J'adooore !
    Joyeux Noël !

    Posté par ceriat, dimanche 23 décembre 2012 à 10:35
  • Belle histoire et bravo pour les mots coulant facilement dans le texte.
    Bisous

    Posté par Dame mauve - ara, samedi 29 décembre 2012 à 19:18
  • Imagination et don de l'écriture, tout y est. Le récit est vif, allègre. Si c'est une première fois, bravo. Continuez.
    Si vous aimez les jeux d'écriture, je vous invite à vous joindre à nous, ici : http://ecritoire2012.wordpress.com/2012/12/29/janvier-cest-le-mois-des-bergers/

    Posté par LiseNY, mardi 1 janvier 2013 à 15:02
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