jeudi 6 décembre 2012

Des mots, une histoire 84: l'homme au costume gris foncé (3)

Résumé des chapitres précédents : Laurine, jeune esthéticienne trouve un cadavre alors qu'elle se rend chez un cliente pour des soins à domicile. Elle fait la connaissance du commandant de gendarmerie et du capitaine Richard Burel qui est chargé de l'enquête. Avant d'être raccompagnée chez elle, elle vole une  photographie.

chapitre 1

chapitre 2

Chapitre 3

Désir d'histoireDeuxième récit de Lapeyneturine

 

Le lendemain du crime de Vincent Hugo

 

Lovée contre le corps chaud de Thomas, j’étais un peu rassurée. Il ne m’avait posé aucune question juste une petite allusion, hier soir pendant que nous dînions. Je me pelotonnai un peu plus contre lui.  J’étais bien sous la couette avec lui, mais dans un sacré pétrin. Les images de la veille revinrent me tourmenter ; un vrai cauchemar

D’abord, un cadavre découvert dans un endroit inconnu, mes mains maculées de sang, ensuite penchée sur le mort, les doigts sur un objet métallique, j’avais relevé la tête et je l’avais vue,  là, sous mes yeux ; la photo, ma photo ! Je ne pouvais le croire ! Puis un café « dégusté » avec une femme que je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam. Dire que le matin même, je me plaignais de ne pas vivre d’histoire croustillante !

Bien sûr que je l’avais subtilisée cette photo ! Ils allaient bien le découvrir et je serai suspecte number one ! Un peu de ma vie, cette photo. J’ai la même, plus petite dans mon porte cartes ; enfin je l’avais, je l’ai perdue il y a quelques jours. Combien de fois avais-je contemplé ce cliché ancien aux couleurs estompées ; quatre jeunes filles qui souriaient à l’objectif le regard heureux. Pourquoi et comment cette photo était en possession de cette Mme Loriot ! Qu’est-ce qui me reliait à elle ? je nierai bien sût, je nierai tout quand l e capitaine Burel et son bel acolyte viendraient  demain au salon comme ils l’avaient annoncé. Quelles preuves avaient-ils ?

J’avais pris une douche brûlante suivie d’une autre glacée pour chasser la fatigue et la peur. C’est alors que le téléphone avait sonné me faisant sursauter.

« -  Mademoiselle Laurine Gallonet ?  Commandant Thomas Drouet, vous vous souvenez ?

Evidemment que je me souvenais. Comment ne pas s’en souvenir ?  Grand et mince, des mains et des ongles soignés, un regard bienveillant et le sourire ravageur, les cheveux coupés un peu trop court à mon goût mais militaire oblige … Sa voix chaude au timbre grave me fascinait.  Quel âge ? Une trentaine ? Plus ? Son appel avait renforçé mon anxiété. Il dut  trouver le temps long car il répéta :

-        Laurine, vous vous souvenez de moi ? je voulais m’assurer que vous alliez mieux…

-        Heu heu….

-        Ecoutez, je pense que nous avons fait connaissance un peu brutalement. Accepteriez vous de prendre un verre ? Disons vers 19h30 à la Brasserie Georges… A tout à l’heure.

Je n’avais pas eu le temps de bredouiller une réponse, il avait déjà raccroché.  J’étais si lasse et si inquiète. Alors j’avais séché ma chevelure un peu folle, l’avais disciplinée  avec un peigne italien, j’avais hésité devant la jupe chemisier ou la  robe un peu sexy, histoire de voir… mais voir quoi au juste… N’allait-il pas croire que je serai une conquête facile ? J’avais bien entendu sa conversation avec  le capitaine Burel avant que ne dérobe la photographie. Ah celle-ci revenait me hanter l’esprit. Il sait, il sait c’est sûr ! m’étais- je  dit le cœur serré. Finalement la petite robe rouge et un legging noir avaient eu ma préférence, complétés par un petit boléro en fausse dentelle noire et des chaussures à talons ; juste un peu de rimmel noir et une touche de parfum. Mon manteau était quelconque mais il faisait encore un peu frais en cette période de l’année.

Dans la brasserie régnait le bourdonnement normal d’un début de soirée. Un homme rougeaud, sûrement éméché déclencha l’hilarité au sein d’un groupe ;  sûrement venait –il de raconter une blague des plus graveleuse. Le commandant Thomas Drouet était déjà arrivé et se leva   pour m’accueillir ; il me conduisit vers une table dans un coin tranquille au fond de la salle.

Après avoir passé la commande, pour moi juste un verre d’eau minérale, nous avons échangé quelques banalités. Il  avait fait ses études de droit à la fac de Lyon puis  était entré dans la gendarmerie. Je lui ai raconté que j’avais fait l’école d’esthétique après avoir passé une licence de lettres.

-        Laurine, vous n’auriez rien à me dire ou à me confier, si peu de chose soit-il m’avait-il demandé alors à brûle pourpoint.

Le charme était rompu, j’étais restée silencieuse devant mon verre d’eau triturant misérablement la tranche de citron qui ne m’avait rien fait. Il n’avait pas insisté mais je sentis un brin de déception quand il avait repris la parole.

Ensuite, nous avions dîné et s’était montré un compagnon plein de charme, d’attention et d’humour.  Il m’avait raccompagnée et …. Je n’avais pas résisté à ses autres talents.

-        Tu me caches quelque chose. Je ne suis pas pressé me dit-il soudain en me caressant la joue tendrement. Tu peux me faire confiance, ne serai-ce que parce que j’ai enfreint la déontologie. Bon je pars chercher les croissants. Tu prépares le café ? Après, je file,  j’ai rendez-vous avec Richard, pour un interrogatoire dans un certain salon d’esthétique.

-        Alors d’une toute petite voix je lui ai expliqué ; sur droite de la photo, c’est ma tante Rose, à gauche, c’est sa sœur aînée, ma mère et entre elles deux Sylvaine qui pose debout et sa petit sœur Suzanne agenouille par terre ; leur amies d’enfance et d’espiègleries. C’est tout ce que je sais. Mes parents sont morts il y a très longtemps dans un accident de voiture. C’est Rose qui m’a élevée. Je pensai aller la voir à aujourd’hui midi.

-        Pourquoi l’avoir prise ?

-        Parce que j’ai eu peur que l’on m’accuse d’avoir tué ce Vincent Hugo ; j’ai la même dans mon porte carte me plus petite et justement le l’aie perdue il y a quinze jours. Mais tu dois me croire, je ne l’ai pas tué !

Au moment où il passait la porte, son portable signala un message. Son visage se décomposa…

-        Un problème ! C’est Richard me dit-il. Il m’attend « Au temps pour soi », une certaine Mariette a été retrouvée étranglée avec son écharpe.

 

Lilou

écharpes

jeudi 6 décembre 2012

 

les mots de cette semaine :

cauchemar – ou – conquête – problème – frais – objet – mais – hilarité – jour – relier – fois – rester – glacé – mieux – période – fac (faculté) – deux

A propos du chapitre précédent  j'ai omis de préciser que l'image est un tableau du peintre Bobi.

Posté par lilousoleil à 10:31 - - Commentaires [12] - Permalien [#]

Commentaires sur Des mots, une histoire 84: l'homme au costume gris foncé (3)

    quelle histoire! dit-elle la vérité? c'est captivant, il me tarde à la semaine prochaine, merci

    Posté par patchcath, jeudi 6 décembre 2012 à 22:17
  • passionnant ! j'ai hâte moi aussi à la semaine prochaine pour découvrir la suite ! tu sais nous donner envie !
    bonne journée et bon week-end Lilou !

    Posté par laure, vendredi 7 décembre 2012 à 13:45
  • Tu as l'art de distiller les infos !

    Posté par Olivia, vendredi 7 décembre 2012 à 17:15
  • Oui, tu as l'art de nous faire languir. Tu fais exactement ce qu'il faut pour qu'on attende impatiemment la suite.

    Posté par Mon café lecture, vendredi 7 décembre 2012 à 19:01
  • Une histoire qui tient la route.
    Bonne soirée
    Bisous

    Posté par Dame mauve - ara, vendredi 7 décembre 2012 à 19:04
  • AAAARRGH LA PUB !!!

    Coup de gueule contre CB, je n'en peux plus de cette pub SCRABBLE qui monte, qui descend,, qu'on ne peut pas fermer et on se retrouve sur le site SCRABBLE, m***e de m***e !! C'est insupportable, ça m'a gâché la lecture et franchement c'est dommage, car même sans avoir suivi tous les épisodes, je suis ferrée, j'attends la suite !!! Mais la pub, grrrrrrrrrrr

    Posté par Asphodèle, vendredi 7 décembre 2012 à 19:32
  • ha ha ! Les cadavres se multiplient ! Où cela va-t-il nous mener ?

    Posté par Oncle Dan, vendredi 7 décembre 2012 à 22:56
  • Je l'aime beaucoup moi ce Thomas Un gars solide et sympathique j'espère ne pas me tromper

    Posté par Valentyne, samedi 8 décembre 2012 à 11:31
  • Et bien la prochaine fois tu me prépares un café, je t'apporte les croissants et tu me racontes la suite hihi!!! Bien ficelée ton histoire, bravo.
    Bisous et bonne soirée!!!
    Domi.

    Posté par dimdamdom59, samedi 8 décembre 2012 à 17:54
  • Je sens que je vais postuler pour la gendarmerie.

    Posté par wens, dimanche 9 décembre 2012 à 07:15
  • Pour une histoire croustillante, elle est servie la pauvre. Ton histoire s'étoffe et nous laisse sur notre faim. Vite la suite !

    Posté par ceriat, dimanche 9 décembre 2012 à 12:36
  • Bien écrit, nous sommes tenu en haleine... j'attends la suite.
    Bonne fin de journée
    @mitié

    Posté par covix, mardi 11 décembre 2012 à 16:05
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