jeudi 22 novembre 2012

Des mots, une histoire 82: l'homme au costume gris foncé

                 

imagesDésir d'histoire

                                                                                                                          Récit de Laurine

 

 J’arrivai au salon « Un temps pour soi », six minutes en retard après la pause de midi. Je fus appelée, in petto, dans le bureau de madame Sylvie que nous surnommions entre nous la mère Tapedur laissant mes collègues de la coiffure ricaner béatement. J’eus le temps de faire mine de leur lancer un mouchoir en papier en guise de projectile et c’est, munie de mon agenda planning, que, prenant une profonde inspiration, je frappai à la porte du bureau. Mais où allai-je bien trouver encore trouver une plage pour un RDV. Les heures supplémentaires commençaient à s’additionner dangereusement pour ma patronne bien qu’elle ne rechignait jamais pour les rémunérer.

J’entendis une sorte de grognement qui signifiait « Entrez ».

Aussitôt, le regard d’aigle de Madame Sylvie me déshabilla.Ce matin, j’avais enfilé un jean, une chemise à carreaux rouge et blanc flottant sur mes hanches et des bottes de cuir à talons ce qui ne lui plut pas vraiment. Pour elle, c’est sûr j’étais dépenaillée ; la boss, elle, tient à la tenue impeccable de ses esthéticiennes et coiffeuses. Faut dire qu’elle-même, est toujours tirée à quatre épingles, chemisiers en soie jabot de dentelle et tailleurs Chanel seyants à la boutonnière duquel elle ne manque jamais d’accrocher une plume de cygne, un porte-bonheur offert par son frère jumeau. Il faut bien cela pour faire oublier qu’elle gère ce salon soins esthétiques et coiffure d’une main de maître alors qu’elle sait tout juste se servir d’une pince à épiler ou d’un peigne. Pour elle, c’est du business ; il suffit d’avoir des bonnes employées avec les bons diplômes et il faut bien reconnaître qu’elle est douée pour les affaires et sait faire tourner sa boutique.

« - Madame Sylvie, vous m’avez demandé ?

- Ma chère Laurine faudrait voir à être à l’heure !

- Madame Sylvie, il y avait des embouteillages suite un accident ; un suicide sous le tram.

- Peu m’importe, vous n’aviez qu’à prévoir !  Veuillez vous en souvenir ! Laurine cet après midi, tous vos rendez-vous après 16h sont annulés ; vous vous rendrez au domicile de Madame Loriot, au 18  rue lanterne. Elle a expressément que se soit vous pour ses soins habitu…Que faites-vous, là  bouche bée,  à hoqueter ! Prenez notes ! Vous la connaissez je pense cet dame Canari heu Loriot ! . Et n’oublierez pas d’établir la facture.

- Mais Madame Sylvie, je ne connais absolument pas cette madame Loriot…Je vais devoir prendre le métro, c’est à l’autre bout de la ville…

- Vous ne la connaissez pas ? Alors pourquoi demande t-elle spécialement Laurine ! Et puis cessez de discuter ! Vous avez l’onglerie à préparer !

Je tombai des nues. Auparavant, c’était toujours Chantal qui se chargeait des tournées impromptues. Pourtant depuis plusieurs semaines, force m’était de constater qu’elle m’envoyait davantage aux domiciles des clientes. Mais le travail c’est le travail ! Fallait supporter les nouvelles idées lumineuses du chef. Je n’eus ensuite pas vraiment le temps de réfléchir à la question. Je fis d’abord les ongles d’une pimbêche et puis épilai le torse d’un vieux beau grincheux  et douillet qui me conta dans le menu, comment il avait été chercheur d’or en Amérique pensant ainsi me séduire. Ensuite, je rangeai ma cabine, mis ma blouse dans le lave linge, nos blouses blanches devaient être immaculées et nettoyer soigneusement ma surface de travail, j’attrapai mon sac non sans avoir vérifié le contenu de ma mallette. Au moment où je franchissias la porte :  

« Ah – Laurine, heureusement vous êtes encore là, j’ai omis de vous préciser que Madame Mésan... heu Loriot sera peut-être un peu en retard, la porte sera ouverte et vous entrerez directement dans la pièce à droite un genre de boudoir bleu.  CISEAUX_ONGLE_DROIT_10_CM_4431_IC18410

Je bredouillai un bien madame et je me mis en chemin  au cours duquel je me surpris à rêvasser. Je souhaitais que ma vie un peu terne, mes quelques amants n’ayant jamais daigné réchauffer mon lit plus d’une semaine prenne un tour plus souriant. Je souhaitais qu’il m’arrive le prince charmant ou une aventure un peu chelou ou border line. Mais bizrrement il ne m'arrivai jamais rien.

Je ne croyais pas si bien dire. Je progressai à petits pas dans la rue Lanterne ;  j’eus du mal à repérer la maison. Les numéros attribués de manière fantaisiste ne se suivaient pas. Enfin j’arrivai subitement dans un espace en croissant de lune où je vis une grille entrouverte. Je suivis les instructions et allai m’installer dans le canapé quand en le contournant je trébuchai sur quelque chose… Un cadavre… Un homme en costume gris foncé  était étendu là par terre,  une large tache brune s'étalant sur la poitrine. Machinalement je tendis ma main vers la blessure ; je sentis un objet dur et métallique? Je retirai vivement mes doigts ; ils étaient poisseux de sang.

En me relevant, je vis par la fenêtre une femme, les cheveux blancs qui tenait un cabas à provision dans la main gauche franchir l’entrée.

« - Qui est là ?  Il y a quelqu’un ? demanda t-elle avant de se rendre dans le boudoir où elle fit quelques pas. Par la suite je compris qu’elle avait senti ma présence plus qu’elle ne m’avait vu .Laurine hurla : attention vous allez lui marcher dessus ! Et elle se jeta dehors et dans la rue heurta un jeune homme, beau comme un dieu grec  qui passait là et qui la reçut dans ses bras non sans un brin de fierté.

à suivre peut-être

Je m'exerce à la nouvelle policière j'espère arriver au bout sans vous lasser !

 

Lilou

Jeudi 22 novembre 2012

avec les mots :  : pièce – progresser – ricaner – dépenaillé – aller – hoqueter – affaires – doué – cygne – tournée – auparavant – supporter – frère – surface – chercheur – projectile

Posté par lilousoleil à 19:38 - - Commentaires [12] - Permalien [#]

Commentaires sur Des mots, une histoire 82: l'homme au costume gris foncé

    tu te lances un beau défi, à la semaine prochaine alors

    Posté par ndll, vendredi 23 novembre 2012 à 07:06
  • Les histoires policières me passionnent...surtout quand l'héroïne ne prévoit pas les heures des suicides. A la semaine prochaine.

    Posté par wens, vendredi 23 novembre 2012 à 07:25
  • En tout cas, c'est bien parti !

    Posté par Olivia, vendredi 23 novembre 2012 à 13:50
  • Epiler les vieux beaux ! Tu parles d' un métier ..............

    Posté par Pierrot Bâton, vendredi 23 novembre 2012 à 18:39
  • Pour ce qui est de nous lasser, ça ne risque pas. J'ai bien cru qu'on envoyait Laurine dans un guet-apens, pour lui faire endosser le crime. En saura--on davantage ?

    Posté par Mon café lecture, vendredi 23 novembre 2012 à 20:01
  • La suite m'intéresse aussi
    J'ai particulièrement aimé la description de tes deux personnages (Laurine et sa patronne) : on les visualise tout de suite
    Bon week end

    Posté par Valentyne, samedi 24 novembre 2012 à 14:00
  • Je trouve que la série policière rencontre un réel succès dans ce défi que nous impose Olivia!!! Tu as raison de te diriger dans cette voie ça te va bien!!!
    Bisous et belle soirée.
    Domi.

    Posté par dimdamdom59, samedi 24 novembre 2012 à 18:41
  • La suite ! La suite !

    Posté par marlaguette, samedi 24 novembre 2012 à 21:27
  • ne je cherche pourtant pas à vieillir, mais il me tarde de connaitre la suite
    merci

    Posté par patchcath, dimanche 25 novembre 2012 à 00:00
  • Bonsoir,
    L'ambiance est plantée... la suite est inévitable.
    Bonne soirée
    @mitié

    Posté par covix, dimanche 25 novembre 2012 à 18:04
  • Bravo !

    Super début ! On est déjà en plein suspense...

    Posté par Oncle Dan, dimanche 25 novembre 2012 à 23:31
  • L'intrigue est lancée, j'espère que tu ne vas pas t'arrêter en si bon chemin et nous offrir une suite.

    Posté par ceriat, lundi 26 novembre 2012 à 09:37
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