dimanche 18 novembre 2012

Une photo, quelques mots 56 : Un roman de gare

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photo Romaric Cazeaux

 

Aujourd’hui les  vide greniers fleurissent comme des marguerites dans un champ de blé en plein mois d'août

Dans le petit village Trifouilly les trois monastères, Mamie Ginette a préparé ses cartons ; des vieux bouquins qu’elle conservait depuis qu’elle avait fermé sa librairie. Vingt ans qu’elle conservait des exemplaires anciens de romans classiques ; oh pas des éditions luxueuses mais dignes d’intérêt pour des petits collectionneurs. Alors que la dernière ficelle avait été nouée, elle entendit un cri. Un cri terrible, déchirant, inquiétant, angoissant, larmoyant, coléreux et colérique bref un cri de désespoir résonne comme le tocsin.

Flash back : Il y a un mois quand Mamie Ginette s’inscrivit au vide grenier, elle embaucha quelques galopins du village, heureux de gagner trois sous. Ah ! Ils se régalèrent, les gamins.

Il fallait voir comme, ils faisaient valser les bouquins. Ils triaient, rangeaient dans des petites caisses ou  cartons au plaisir des livres. Ceux-ci étaient ravis que des mains les tripotent de nouveau, les tournent et les retournent encore et encore ; le bonheur était à son comble quand les caresses d’un chiffon doux enlevaient la mince couche de poussière qui les empêchait de respirer. Ils seraient lus ou critiqués, survolés ou analysés mais il aurait une autre vie. Et il y avait de quoi satisfaire tous les insomniaques, les papivores amateurs de polars, science-fiction, géopolitique, cuisine et jardin, biographies ou encore romans d’amour etc.

Un, un seul livre resta seul dans un coin noir de hangar de Mamie Ginette. Oublié ? Non Rejeté ! Oui rejeté. Roman de gare ont-ils dit !

Alors la moutarde lui est montée au nez quand il a entendu qu’il n’était qu’un roman de gare ! Alors aujourd’hui il hurle :

Certes, je ne suis pas un Goncourt, un Renaudot ou l’Interallié. D’ailleurs ces livres-là qui s’en souvient un an ou dix ans après. Parlez moi de Maupassant, de Flaubert de Montaigne ou Zola ! Voilà des beaux livres !  Mais que croient- ils ces prétentieux ! C’est quoi au juste un roman de gare ? Un peu d’aventure, une intrigue policière pas toujours bien ficelée je suis vous l’accorde,  un peu d’amours contrariées mais torrides  qui finissent bien, des héros jeunes et beaux comme des dieux et un méchant qui lui finit toujours mal. Enfin tout les ingrédients nécessaire pour faire un roman d’été celui qui fait que l’on passe des vacances super sans se prendre la tête.

Pauvre petit « roman de gare » traité comme un roman à l’eau de rose !

 

Lilou

dimanche 18 novembre 2012

 

 

Posté par lilousoleil à 16:05 - - Commentaires [6] - Permalien [#]

Commentaires sur Une photo, quelques mots 56 : Un roman de gare

    J'aime l'idée du livre qui cause et on n'est bien d'accord le roman de gare ou de plage a autant de raison d'être que les autres !

    Posté par Lucie, lundi 19 novembre 2012 à 14:28
  • très sympa cette révolte littéraire! j'aime beaucoup le ton

    Posté par stéphanie, lundi 19 novembre 2012 à 17:39
  • Moi aussi la révolte du roman de gare m'a bien plu !

    Posté par Yosha, lundi 19 novembre 2012 à 17:59
  • Oui, il a bien raison ce roman de gare, s'il sait faire rêver, il a de quoi être fier!

    Posté par Cardamone, lundi 19 novembre 2012 à 23:31
  • J'adore, Lilou, le "cri" du livre
    Très originale ton idée et drôle. Les livres anciens ont de la chance de nos jours, plus ils sont vieux, plus on les recherche !
    Bisous d'O.

    Posté par Soène, mardi 20 novembre 2012 à 21:19
  • Bien vu ce cri du coeur d'un bouquin !

    Posté par Leiloona, mardi 20 novembre 2012 à 23:07
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