Les mots de Lilou

dimanche 14 avril 2013

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vendredi 1 mars 2013

voyage fleur

http://tinyurl.com/d7muatc

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vendredi 22 février 2013

Mamie Ginette

 

les nouvelles plumes

C’était une véritable obsession ce texte, un portrait de mamie Ginette.  Depuis deux jours, je vivais un vrai calvaire, impossible de mettre en mots en phrases en musique mon histoire ; une folie, impossible de commencer et encore moins de finir. J’étais  prise de vertiges…. Dire que j’avais refusé

d’aller avec Jean Mi voir un film érotique au titre parlant de « Laissez vous croquer petites chattes » parce que dans un moment d’égarement littéraire j’avais promis de faire un effort d’écriture.

-        tu comprends Jean Mi,  avais-je  dit, j’ai promis et une promesse c’est une promesse. C’est un rendez-vous hebdomadaire et nous devons une fois inscrits, participer au challenge.  C’est un travail collectif fusionnel … c’est une émotion intense, comme un feu qui nous dévore de l’intérieur et qui nous laisse qui nous laisse ….

-        Oui bon je comprends surtout que vous êtes… Tu m’écoutes…vous êtes…

-        Dément, oui dément voilà le mot que je cherchais ; je peux enfin glisser un  mot,. Merciiiii avais-je hurlé en lui sautant au cou avec la sensation d’un bonheur infini.

Je n’avais même pas entendu la porte se refermer, prise par la fulgurance de mes idées, je tapotais nerveusement avec une vitesse incongrue sur mon clavier. Mes doigts dansaient une salsa endiablée. Epuisée mais satisfaite, j’avais terminé mon récit. Il parlait de mamie Ginette.

Enfin je goûtai le moment délicieux du devoir accompli. Je me laissais glisser dans la béatitude. M’accordant une pause, je mordis, avec avidité, comme Blanche Neige… dans un gros fruit  rouge que me tendait Mamie Ginette. Le jus dégoulinait sur ma main quand….

Horreur, réalisai-je en crachant un pépin… J’ai oublié gouffre, je n’ai pas mis gouffre….

Je me précipitai pour relire mon texte et tout avait disparu…

 

Les mots des nouvelles plumes  :

obsession – fruit – calvaire – égarement – film –érotique – feu – intense – gouffre – fusionnel – folie – rouge – vertige – fulgurance – danser – délicieux – dément (dans le sens de fou, aliéné).

 

Lilou

vendredi 22 février 2013

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jeudi 17 janvier 2013

Des mots, une histoire 88 : la cigale, la fourmi et les autres

Désir d'histoireles mots d'Olivia : église – attendre – châtrer – midi – pauvre – chose – toujours – diable – alors – envie – décrire – accomplir – étal

 Madame Cigale est bien pauvre chose.  La bise est venue et la famine avec elle. Elle crève de faim… Vous décrire sa souffrance d’alors, c’est trop triste. Aujourd’hui à midi, elle est passée devant l’étal d’un marchand de quatre saisons, son porte monnaie aussi vide que son estomac lui interdit d’entrer dans la boutique. Elle allait devoir se rendre encore une fois à la fourmilière du cœur. Il y aurait beaucoup de monde ; elle allait devoir attendre longtemps. Et puis elle n’était pas toujours la bienvenue. L’autre jour, une vilaine bestiole à moitié châtrée, ressemblant à une fourmi lui hurla d’aller se faire voir au diable. Madame Cigale eut fort envie de pleurer ; elle ne savait pas où se trouver la maison de ce monsieur. Après avoir séché ses larmes, elle ne voulut pas s’avouer vaincue, la faim la tenaillait trop. Une drôle petite bête à huit pattes hautes et au corps tout velu, lui conseilla d’aller prier à l’église. Elle accomplit un vrai chemin de croix pour trouver le bâtiment indiqué, là où elle pensait trouver ce fameux personnage. Mais dès qu’elle posa une patte sur le parvis, un sale cafard se pointa et lui fit comprendre que l’on n’entrait pas dans son domaine. Qu’elle aille aux enfers…

Que croyez vous que fit madame Cigale ? Et bien elle dansa !  

Lilou

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mercredi 19 décembre 2012

Des mots, une histoire 86 l'homme au costume gris foncé (5)

Chapitres précédents :

1 - 2 - 3 - 4

Désir d'histoire

Et voilà le dernier chapitre...Ne vous précipitez pas sur la fin.

Récit de Richard Burel capitaine de police

 

J’avais passé les bracelets à tout ce petit monde, les Corroy et Madame Sylvie Desmoulins et son frère jumeau complice ; Thomas lui avait mis en garde à vue la mère de Laurine. Il avait fait son boulot correctement ; Il ne pouvait rien se reprocher. Je l’avais emmené dîné pour le distraire  mais il pignochait dans son assiette.

            « - Appelle ta belle,  lui fis-je avec un sourire. Elle a juste témoigné. Elle est rentrée chez elle.

-        J’ai arrêté sa mère… Et puis son histoire comment lui dire ? tu as oublié ?

Non, impossible ! Quatre jeunes filles ! Amies d’enfance… partageant tout. De la maternelle au lycée, des espiègleries aux premiers émois d’adolescentes ; Josèphe, Rose sa sœur cadette puis Sylvaine et Suzanne celle-ci un peu  plus jeune. Alain,  jumeau de Sylvaine avait pris une photo une journée chaude de mai. Vestige des temps légers et heureux.

Après tout est parti en vrille ; mauvaises fréquentations, délinquance, deals louches, argent facile puis les gros dérapages. Rose est restée dans le droit chemin…. Les autres sombrèrent.

Tout commença quand, Alain, étudiant aux beaux arts, faussaire de génie monta, avec sa sœur et Josèphe  puis  plus tard avec Suzanne, un réseau de trafic d’arts. Il peignait tableaux, sculptait, dessinait des pastels etc. Les filles organisaient les ventes. Les oeuvres s’écoulaient bien, jusqu’au jour où l’escroquerie fut éventée.  Grâce à un jeune avocat qualifié, Edouard Merlin, amateur d’arts, le quartet de malfrats put sortir du pétrin. Rose mit sa sœur à la porte, la sommant de ne plus remettre les pieds chez elle tant qu’elle n’aura pas de boulot sérieux…

Josèphe les remit  pourtant quelques mois après. Enceinte du fringant Edouard Merlin, parti exercer ses talents dans un prestigieux cabinet new-yorkais, elle se retrouvait à la rue. Il ne lui avait laissé que de la « menue monnaie » pour faire ce qu’elle jugerait bon ! Josèphe n’avorta pas.  Elle accoucha d’une petite fille, Laurine, s’en désintéressa totalement, la confia à Rose et repartit vers ses aventures douteuses mais juteuses. Rose n’a jamais osé dire la vérité à sa nièce… instinct de préservation de la famille probablement.

Après le récit de Rose beaucoup plus long et  détaillé, Thomas avait tout vérifié.

Le jumeau de Sylvaine, Alain, était faussaire parmi les meilleurs du monde, expert en calligraphie et spécialiste en faux papiers ; exit donc, Josèphe Gallonet et Sylvaine, voilà Joséphine Loriot et Sylvie Desmoulins, Suzanne garda son identité et épousa très jeune l’entrepreneur Adrien Corroy. Ils reprirent leurs « petites affaires. Grâce à lui, ils firent l’acquisition de deux maisons contiguës rue Lanterne. Ils s’arrangèrent pour les numéros de rue… Quoi de plus facile pour brouiller les pistes. Les œuvres transitaient par les souterrains, le salon de beauté-coiffure servait de couverture.

Mais même dans plus belle pelote de laine, il  y a des nœuds. Et il n’ait pas de bonne compagnie qui ne se quitte lorsque l’enjeu permet les trahisons.

L’apparition dans leur paysage de Monsieur Vincent Hugo, fut le nœud qui brisa la fragile harmonie. Généalogiste mandaté par un notaire, il avait recherché Laurine Gallonet, seule et très très riche héritière de Maître Edouard Merlin, avocat américain décédé d’une longue maladie. Avant de mourir, il avait mis ses affaires en ordre, et soulager sa conscience. Monsieur Hugo fit la même erreur que Thomas le jour du crime, entre le 18 et le 81 de la rue Lanterne. Il fut reçut par Suzanne Corroy croyant avoir affaire à Melle Gallonet. Quel héritage… un  émerveillement que tous ces dollars. Elle endossa l’identité de Laurine. Elle offrit une  contrepartie généreuse à Joséphine puis  oublia qu’en affaires il faut être réglo. Joséphine patienta plus d’un an avant de contacter  le notaire pour dénoncer l’escroquerie. Berné, Vincent Hugo fit une autre enquête et convint d’un nouveau rendez-vous. Suzanne prit peur  alerta sa sœur Sylvie qui conçut son plan diabolique et sut exactement quoi faire !

Elle  détenait la preuve de la filiation de Laurine. Oh depuis peu ! Laurine avait renversé  son sac à main, la précieuse photo avait glissé sous un meuble. Elle garda l’info secrète.

Le jour du rendez-vous, elle accueillit Vincent Hugo qu’elle poignarda  prenant bien soin de  laisser   l’arme du crime, une paire de ciseaux  de coiffeur, pour empêcher tous  saignements. Par le souterrain, le corps fut charrié et déposé dans le salon de Joséphine Loriot,  absente ce jour,  à cette heure précise. Elle arracha les ciseaux de la plaie afin  que le sang afflut et se répande.

Il ne restait plus à Sylvie qu’à rentrer  « Au temps pour soi », à raconter une histoire de téléphone, d’envoyer Laurine qui serait inévitablement soupçonnée ainsi que sa mère. Elle faisait d’une pierre deux coups, ensuite, elle vendrait le salon et disparaîtrait encore une fois changeant de nom.

Mariette, rentrée au salon pendant la pause de midi comprit trop tard que sa patronne avait menti. Elle le paya de sa vie, pauvre martyre d’une histoire qui la dépassait.

 Epilogue :

Laurine attendait sur le palier la mine un peu défaite, quand Thomas rentra chez lui.  

- Ton ami, Richard Burel m’a donné ton adresse… Je sais pour ma mère. C’était ton boulot !  Jusqu’à présent je ne la connaissais pas. Je l’aiderai si elle le souhaite.

Sans  laisser le temps de sa réponse, elle enchaîna :

- Nous deux, on fait quoi maintenant ?

Elle était entrée, déjà son parfum de benjoin embaumait la pièce. Elle ôta son  manteau découvrant une petite robe rouge cerise. Elle était ravissante et je n’ai pas résisté.

 Finle-baiser--1-

Lilou

 

Peu de mots pour ce n° 86 mais pas facile pour autant :

préservation – pieds – trouvailles – émerveillement – exactement – qualifier – charrier – monde – martyrs

 

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jeudi 13 décembre 2012

Des mots, une histoire 85: l'homme au costume gris foncé

voir chapitre précedents :
 chapitre 1 - chapitre 2 - chapitre 3 

les mots d'Olivia : racornir – grosse – prélude – vertueux – hasard – dire – peur – ferronerie – téléphone – tilleul – abîme – fils (fille) – héros

 

Désir d'histoire

Deuxième récit de Thomas Drouet

 

Après le coup de téléphone de Richard, j’étais perplexe.  Je ne pouvais décemment pas l’accompagner « Au Temps pour soi », je n’étais pas sur l’enquête. Je craignais aussi de briser la confiance de Laurine. Décidément elle me plaisait… Prélude à une histoire sérieuse ? Mordu,   avait dit Richard en riant.Je déclinai son invitation et nous prîmes du rendez-vous pour déjeuner à 13h. J’étais chiffonné ; cette photo c’était la quadrature du cercle. La veille,  je l’avais repérée, certes un peu racornie, sur le bureau de la patronne de Laurine. Pas de conclusions hâtives. Et puis, j’avais mon enquête sur le trafic d’œuvres d’arts.

Je repris le papier que mon indic avait griffonné comme un rebus, la lanterne pour la rue, le croissant de lune pour le lieu mais le 81 ? Les habitants ne correspondaient pas à mon « client » ; selon Richard, un entrepreneur à la retraite…Je tournai le papier dans tous les sens et je compris ma méprise. 18 – 81 c’était juste les chiffres inversés.

Je décidai d’aller faire un tour chez l’entrepreneur et chez Madame Loriot mais avant, je voulais rendre visite à la tante Rose, la tante de Laurine celle  qui l’avait élevée. M’étais avis qu’il y avait un secret de famille. Quid du père ? Je fus accueilli chaleureusement, Laurine lui avait raconter son aventure ; une jeune femme lieutenant de police était venue bavarder. Elle n’avait rien dit…Elle m’offrit du thé délicieusement parfumé tandis qu’elle sirotait un tilleul menthe.

Quand retrouvai Richard Burel à 13h il était très nerveux…

            « - La petite a été étranglée avec son  écharpe en soie… Pas de traces. D’après le légiste cela s’est passé hier en fin d’après midi. On en saura plus après l’autopsie. Ce qui m’inquiète c’est vraiment le mobile. Et toi la photo, que t’as raconté Laurine ? Tu as joué le héros sauveur de la Belle !

            « - Comment sais-tu que nous nous sommes rencontrés ?

-        Mon imagination ! Ton portable était coupé ! Quand il est coupé c’est que...   

-        Oui heu heu bon ! Ce matin j'ai rendu  visite à la tante de Laurine, celle qui l’a élevée ;  elle m’a raconté une histoire incroyable ! »

Au fur et à mesure que je parlais, le visage de Richard changeait d’expression. On aurait dit qu’une idée se faisait jour. Etions-nous à l’unisson ?  Son portable vibra ; il me fit signe de l’accompagner sans prononcer un mot.

Quand nous arrivâmes au commissariat, un gardien de la paix, lui remit une enveloppe.

« - Une jeune femme, une certaine Mariette l’a apportée hier. Elle a téléphoné le matin, elle voulait vous voir collait parce que « ça ne collait pas ». Elle est passée ici vers 12h 30, vous a attendu mais pressée, elle est répartie en vous laissant ce billet. »

Richard  déchira l’enveloppe fébrilement et maugréant après la bêtise du gardien. Au lieu de rester les bras ballants, je demandai à jeter un coup d’œil sur la perquisition de la maison de Madame Joséphine Loriot. Bingo ! Je n’avais pas été malin…la ficelle était grosse pourtant ! Bon sang mais c’était bien sûr…Les caves et les égouts… un classique. On passe d’une cave à l’autre, on ressort par le boyau des égouts et on remonte l’escalier qui donne dans l’ abri des services techniques. Hop ! le tour est joué.  

Mon «client», c’était Madame Loriot.  j’eus l’impression de tomber dans  abîme. La nouvelle n’était pas si bonne.

Richard me fit revenir sur terre.

-  Thomas, lorsque nous sommes allés la première fois « Au temps pour soi », nous avons informé tout le personnel de la situation, l'assassinat de monsieur Vincent Hugo . La miss Sylvie et toutes les employées ont confirmé les déclarations de Laurine. Sauf que la petite Mariette après coup, s’est rendue compte que quelque chose ne clochait. Elle en fit part à ses collègues puis a cherché à me joindre.  Mais absent, elle m’a écrit un billet en disant :    « si, Mr Le Capitaine voulait la voir, elle retournait au salon.

-  et qu’est-ce qui ne colle pas demandai-je vaguement inquiet.

-    Sylvie ! Sylvie n’était pas au salon pendant la pause déjeuner le jour de la mort du père Hugo, contrairement à ses affirmations. Il n’y a pas eu d’appel non plus pour un rendez-vous. En fait après être sortie avec deux collègues pour déjeuner, Mariette est revenue un quart d’heure plus tard ; le menu du jour ne lui plaisait pas, elle a juste acheté une  salade composée. Sylvie nous a menti : Pourquoi ?

-    Je commençais à comprendre…J’avais des infos que Richard ne connaissait pas.

-     Il faut que je file rapidos  chez l’entrepreneur, dis-je et au trot.

Richard m’accompagna mais cette fois c’est moi qui menais l’enquête.

Madame Suzanne Corroy, nous accueillit avec un sourire gracieux. Très volubile, elle nous fit asseoir dans de confortables fauteuils et appela son époux qui taillait des herbes dans le jardin.

-     Quelle situation dramatique !  C’est terrible pour Madame Loriot. Une dame si gentille si vertueuse… Jamais d’histoire…Bla bla bla …Nous nous connaissions peu juste bonjour bonsoir… bla bla bla…. N’est-ce pas Adrien ? dit-elle en se tournant vers son mari qui entrait.

-      Vous êtes à la retraite je crois, Monsieur Corroy…

-      Oui mon épouse a fait un héritage conséquent, il y un an et demi et nous avons pu nous retirer des affaires, répondit-il soudain anxieux, en tripotant un  bibelot de  ferronnerie d’art vierge de poussière.      

-      Sauf que votre épouse n’est pas la vraie héritière. Voyant leurs visages se décomposer par la peur, je continuai ,

 -   Avec l’aide de Joséphine Loriot, vous avez usurpé l’identité de sa fille, vous vous êtes procurée des faux papiers.         

-     Comment, répondit Corroy,  Joséphine n’a pas d’enfant, elle est veuve depuis longtemps insista t-il , plus mort que vif ; Je la  connais depuis longtemps !

-     Ah ! je croyais juste bonjour bonsoir. Je confirme, elle a bien une fille et cette fille c’est Laurine Gallonet !

La belle Suzanne se mit à pleurnicher ; je lui coupai la parole en déclarant :

  - Et ce n’est pas tout…Vous êtes la sœur de Madame Sylvaine Desmoulins connue sous le prénom de Sylvie.

 

à suivre

 

jeudi 13 décembre 2012

             

 

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jeudi 6 décembre 2012

Des mots, une histoire 84: l'homme au costume gris foncé (3)

Résumé des chapitres précédents : Laurine, jeune esthéticienne trouve un cadavre alors qu'elle se rend chez un cliente pour des soins à domicile. Elle fait la connaissance du commandant de gendarmerie et du capitaine Richard Burel qui est chargé de l'enquête. Avant d'être raccompagnée chez elle, elle vole une  photographie.

chapitre 1

chapitre 2

Chapitre 3

Désir d'histoireDeuxième récit de Lapeyneturine

 

Le lendemain du crime de Vincent Hugo

 

Lovée contre le corps chaud de Thomas, j’étais un peu rassurée. Il ne m’avait posé aucune question juste une petite allusion, hier soir pendant que nous dînions. Je me pelotonnai un peu plus contre lui.  J’étais bien sous la couette avec lui, mais dans un sacré pétrin. Les images de la veille revinrent me tourmenter ; un vrai cauchemar

D’abord, un cadavre découvert dans un endroit inconnu, mes mains maculées de sang, ensuite penchée sur le mort, les doigts sur un objet métallique, j’avais relevé la tête et je l’avais vue,  là, sous mes yeux ; la photo, ma photo ! Je ne pouvais le croire ! Puis un café « dégusté » avec une femme que je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam. Dire que le matin même, je me plaignais de ne pas vivre d’histoire croustillante !

Bien sûr que je l’avais subtilisée cette photo ! Ils allaient bien le découvrir et je serai suspecte number one ! Un peu de ma vie, cette photo. J’ai la même, plus petite dans mon porte cartes ; enfin je l’avais, je l’ai perdue il y a quelques jours. Combien de fois avais-je contemplé ce cliché ancien aux couleurs estompées ; quatre jeunes filles qui souriaient à l’objectif le regard heureux. Pourquoi et comment cette photo était en possession de cette Mme Loriot ! Qu’est-ce qui me reliait à elle ? je nierai bien sût, je nierai tout quand l e capitaine Burel et son bel acolyte viendraient  demain au salon comme ils l’avaient annoncé. Quelles preuves avaient-ils ?

J’avais pris une douche brûlante suivie d’une autre glacée pour chasser la fatigue et la peur. C’est alors que le téléphone avait sonné me faisant sursauter.

« -  Mademoiselle Laurine Gallonet ?  Commandant Thomas Drouet, vous vous souvenez ?

Evidemment que je me souvenais. Comment ne pas s’en souvenir ?  Grand et mince, des mains et des ongles soignés, un regard bienveillant et le sourire ravageur, les cheveux coupés un peu trop court à mon goût mais militaire oblige … Sa voix chaude au timbre grave me fascinait.  Quel âge ? Une trentaine ? Plus ? Son appel avait renforçé mon anxiété. Il dut  trouver le temps long car il répéta :

-        Laurine, vous vous souvenez de moi ? je voulais m’assurer que vous alliez mieux…

-        Heu heu….

-        Ecoutez, je pense que nous avons fait connaissance un peu brutalement. Accepteriez vous de prendre un verre ? Disons vers 19h30 à la Brasserie Georges… A tout à l’heure.

Je n’avais pas eu le temps de bredouiller une réponse, il avait déjà raccroché.  J’étais si lasse et si inquiète. Alors j’avais séché ma chevelure un peu folle, l’avais disciplinée  avec un peigne italien, j’avais hésité devant la jupe chemisier ou la  robe un peu sexy, histoire de voir… mais voir quoi au juste… N’allait-il pas croire que je serai une conquête facile ? J’avais bien entendu sa conversation avec  le capitaine Burel avant que ne dérobe la photographie. Ah celle-ci revenait me hanter l’esprit. Il sait, il sait c’est sûr ! m’étais- je  dit le cœur serré. Finalement la petite robe rouge et un legging noir avaient eu ma préférence, complétés par un petit boléro en fausse dentelle noire et des chaussures à talons ; juste un peu de rimmel noir et une touche de parfum. Mon manteau était quelconque mais il faisait encore un peu frais en cette période de l’année.

Dans la brasserie régnait le bourdonnement normal d’un début de soirée. Un homme rougeaud, sûrement éméché déclencha l’hilarité au sein d’un groupe ;  sûrement venait –il de raconter une blague des plus graveleuse. Le commandant Thomas Drouet était déjà arrivé et se leva   pour m’accueillir ; il me conduisit vers une table dans un coin tranquille au fond de la salle.

Après avoir passé la commande, pour moi juste un verre d’eau minérale, nous avons échangé quelques banalités. Il  avait fait ses études de droit à la fac de Lyon puis  était entré dans la gendarmerie. Je lui ai raconté que j’avais fait l’école d’esthétique après avoir passé une licence de lettres.

-        Laurine, vous n’auriez rien à me dire ou à me confier, si peu de chose soit-il m’avait-il demandé alors à brûle pourpoint.

Le charme était rompu, j’étais restée silencieuse devant mon verre d’eau triturant misérablement la tranche de citron qui ne m’avait rien fait. Il n’avait pas insisté mais je sentis un brin de déception quand il avait repris la parole.

Ensuite, nous avions dîné et s’était montré un compagnon plein de charme, d’attention et d’humour.  Il m’avait raccompagnée et …. Je n’avais pas résisté à ses autres talents.

-        Tu me caches quelque chose. Je ne suis pas pressé me dit-il soudain en me caressant la joue tendrement. Tu peux me faire confiance, ne serai-ce que parce que j’ai enfreint la déontologie. Bon je pars chercher les croissants. Tu prépares le café ? Après, je file,  j’ai rendez-vous avec Richard, pour un interrogatoire dans un certain salon d’esthétique.

-        Alors d’une toute petite voix je lui ai expliqué ; sur droite de la photo, c’est ma tante Rose, à gauche, c’est sa sœur aînée, ma mère et entre elles deux Sylvaine qui pose debout et sa petit sœur Suzanne agenouille par terre ; leur amies d’enfance et d’espiègleries. C’est tout ce que je sais. Mes parents sont morts il y a très longtemps dans un accident de voiture. C’est Rose qui m’a élevée. Je pensai aller la voir à aujourd’hui midi.

-        Pourquoi l’avoir prise ?

-        Parce que j’ai eu peur que l’on m’accuse d’avoir tué ce Vincent Hugo ; j’ai la même dans mon porte carte me plus petite et justement le l’aie perdue il y a quinze jours. Mais tu dois me croire, je ne l’ai pas tué !

Au moment où il passait la porte, son portable signala un message. Son visage se décomposa…

-        Un problème ! C’est Richard me dit-il. Il m’attend « Au temps pour soi », une certaine Mariette a été retrouvée étranglée avec son écharpe.

 

Lilou

écharpes

jeudi 6 décembre 2012

 

les mots de cette semaine :

cauchemar – ou – conquête – problème – frais – objet – mais – hilarité – jour – relier – fois – rester – glacé – mieux – période – fac (faculté) – deux

A propos du chapitre précédent  j'ai omis de préciser que l'image est un tableau du peintre Bobi.

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jeudi 29 novembre 2012

Des mots, une histoire 83: l'homme au costume gris foncé (2)

Pour le chapitre 1  clic

Résumé : Laurine jeune esthéticienne se rend au domicile de Mme Loriot pour des soins et découvre le cadavre d'un homme.

Désir d'histoire

 

Récit de Thomas Drouet

 

 

J’avançai rapidement dans  la rue Lanterne,  cherchant le n°81, en comprenant  de moins en moins comment le quartier était composé. Le système de numérotation était  tellement farfelu que  je me perdis dans ce dédale en croissant de lune. J’aboutis dans un cul de sac. Je contrôlai encore une fois l’adresse. J’aperçus un magnifique chat roux sur le rebord d’une fenêtre qui avait l’air de surveiller la rue, quand sortant des bouches de l’enfer une jeune femme bondit hors de la maison. Elle se jeta sur moi, faillit me renverser ; je ne pus que la soutenir dans mes bras avec un certain bonheur ; les jeunes filles en détresse ne me laissent jamais indifférent, surtout quand elles sont mignonnes. Et celle-ci pour être mignonne….

-        Attention, pleurnicha-t-elle, j’ai du sang partout sur les mains !

-        moi aussi maintenant ! dis-je en revenant à la réalité.

Après l’avoir difficilement calmée, elle me raconta une histoire de cadavre. Je la laissait glisser sur le trottoir contre la grille et me précipitai à l’intérieur. Elle avait dit vrai ! Un cadavre gisait dans un petit salon, une paire de ciseau de coiffeur posé sur une blessure sanglante.

La police arriva rapidement. Nous étions, Madame Loriot, Laurine, elle m’avait confié son prénom et moi silencieux devant un breuvage au goût bizarre dans des verres, que l’on nommait café.

Le capitaine Burel, fit les constations d’usage et l’équipe de l’identité judiciaire procéda aux relevés d’empreintes et tout le toutim. Le capitaine Burel recueillit les premiers témoignages.

Le mort, avait une carte de visite dans sa poche de veston. Il semblait être généalogiste et portait le nom de V. Hugo. On ne peut pas l’inventer !

Laurine Gallonet expliqua les raisons de sa présence. Elle avait respecté à la lettre les consignes  de sa patronne, Mme Sylvie Leroux, directrice de l’établissement « Un temps pour soi ». Elle ne connaissait pas le mort.

Madame Joséphine Loriot tripotait les manches de son pull rose  corail  au point de faire des peluches. Elle nia farouchement avoir appelé une esthéticienne. Elle s’était rendue à l’institution d’enseignement privé où elle était professeur de maths. Elle avait cours de de 14h 30 à 15h 45, elle ne connaissait ni la  jeune demoiselle ni le mort, chez elle ! Quand je ma permis de lui redemander si elle avait déjà vu ce Monsieur Hugo, elle me répondit vertement :

«  Comment osez-vous ? Quel malheur ! »

Madame Joséphine Loriot se résigna à préparer un sac ; elle ne pouvait rester là ; on allait mettre  les scellées. Quant à Laurine, Burel la fit raccompagner chez elle. Il irait plus tard au salon « Un temps pour soi » pour faire la causette avec Mme Sylvie Dumoulin.

Je sortis avec le  capitaine Burel faire le tour de la maison. Du coin de l’œil nous vîmes la jeune fille entrer rapidement dans la maison et en ressortir tout aussi vite.

            « - Alors Thomas, quel bon vent t’a amené ici sur les lieux d’un crime, en compagnie, je te l’accorde, d’un joli brin de fille. ». Toujours à courir la prétentaine !

Là je m’aperçois que je ne suis pas présenté. Je suis commandant de gendarmerie. Pendant dix ans j’ai servi à la  DGSE, activité passionnante et dangereuse,  pas vraiment compatible avec une vie de famille. Et puis dans les services secrets, les occasions ne manquent pas. Depuis plus d’un an, je travaille avec les services de douanes. Je connais Richard Burel depuis qu’en culottes courtes, nous courions les bois et les chemins de campagne.

-        « Ah tu as remarqué ! Ne blague pas ! Ses beaux yeux bleu pervenche en amande et ses cheveux blond vénitien aux reflets roux. As-tu sentis son parfum de benjoin ? Et son jean moulant ?  et si tu avais vu son regard affolé d’oiseau tombé du nid !

-        Te voilà sous l’emprise de son charme ! N’oublie pas, elle qu’elle est suspecte ! Mais  Tu ne m’as pas répondu ; que faisais-tu justement là ?

-        Mon enquête de trafics d’œuvres d’arts ; je cherchais le n° 81 de la rue…

-        Tuyau crevé…Tu t’es fourvoyé ; le 81 se trouve de l’autre côté. Si tu avais pris  à gauche puis encore une fois, puis à droite. La maison est habitée par un couple. Lui, un drôle de provincial, entrepreneur dans les travaux publics ; il a pris sa retraite depuis quelques années, suite à une faillite un peu frauduleuse. Elle, une femme élégante, plus jeune que lui mais surtout qui a hérité une fortune d’un oncle d’Amérique venant a point nommé pour éviter à son mari une faillite frauduleuse.  Bon, tu viens, je boucle, et on va questionner madame Sylvie machin directrice du salon.  Nous allions fermer la porte quand :

            « Richard, dis-je d’une voix étranglée la photo, la photo dans le cadre a disparu. » Aussitôt la vision de Laurine entrant et sortant de la maison

 

nous vint à l’esprit.

            «  On dirait que ta beauté fatale est de plus en plus suspecte. »

 Bobi 3 femmes

 Lilou

A suivre

jeudi 29 novembre 2012

Les mots :

goût – oser – malheur – comprendre – provincial – verre – soutenir – avoir – bras – poser – surveiller – corail – partout – composé – emprise

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jeudi 22 novembre 2012

Des mots, une histoire 82: l'homme au costume gris foncé

                 

imagesDésir d'histoire

                                                                                                                          Récit de Laurine

 

 J’arrivai au salon « Un temps pour soi », six minutes en retard après la pause de midi. Je fus appelée, in petto, dans le bureau de madame Sylvie que nous surnommions entre nous la mère Tapedur laissant mes collègues de la coiffure ricaner béatement. J’eus le temps de faire mine de leur lancer un mouchoir en papier en guise de projectile et c’est, munie de mon agenda planning, que, prenant une profonde inspiration, je frappai à la porte du bureau. Mais où allai-je bien trouver encore trouver une plage pour un RDV. Les heures supplémentaires commençaient à s’additionner dangereusement pour ma patronne bien qu’elle ne rechignait jamais pour les rémunérer.

J’entendis une sorte de grognement qui signifiait « Entrez ».

Aussitôt, le regard d’aigle de Madame Sylvie me déshabilla.Ce matin, j’avais enfilé un jean, une chemise à carreaux rouge et blanc flottant sur mes hanches et des bottes de cuir à talons ce qui ne lui plut pas vraiment. Pour elle, c’est sûr j’étais dépenaillée ; la boss, elle, tient à la tenue impeccable de ses esthéticiennes et coiffeuses. Faut dire qu’elle-même, est toujours tirée à quatre épingles, chemisiers en soie jabot de dentelle et tailleurs Chanel seyants à la boutonnière duquel elle ne manque jamais d’accrocher une plume de cygne, un porte-bonheur offert par son frère jumeau. Il faut bien cela pour faire oublier qu’elle gère ce salon soins esthétiques et coiffure d’une main de maître alors qu’elle sait tout juste se servir d’une pince à épiler ou d’un peigne. Pour elle, c’est du business ; il suffit d’avoir des bonnes employées avec les bons diplômes et il faut bien reconnaître qu’elle est douée pour les affaires et sait faire tourner sa boutique.

« - Madame Sylvie, vous m’avez demandé ?

- Ma chère Laurine faudrait voir à être à l’heure !

- Madame Sylvie, il y avait des embouteillages suite un accident ; un suicide sous le tram.

- Peu m’importe, vous n’aviez qu’à prévoir !  Veuillez vous en souvenir ! Laurine cet après midi, tous vos rendez-vous après 16h sont annulés ; vous vous rendrez au domicile de Madame Loriot, au 18  rue lanterne. Elle a expressément que se soit vous pour ses soins habitu…Que faites-vous, là  bouche bée,  à hoqueter ! Prenez notes ! Vous la connaissez je pense cet dame Canari heu Loriot ! . Et n’oublierez pas d’établir la facture.

- Mais Madame Sylvie, je ne connais absolument pas cette madame Loriot…Je vais devoir prendre le métro, c’est à l’autre bout de la ville…

- Vous ne la connaissez pas ? Alors pourquoi demande t-elle spécialement Laurine ! Et puis cessez de discuter ! Vous avez l’onglerie à préparer !

Je tombai des nues. Auparavant, c’était toujours Chantal qui se chargeait des tournées impromptues. Pourtant depuis plusieurs semaines, force m’était de constater qu’elle m’envoyait davantage aux domiciles des clientes. Mais le travail c’est le travail ! Fallait supporter les nouvelles idées lumineuses du chef. Je n’eus ensuite pas vraiment le temps de réfléchir à la question. Je fis d’abord les ongles d’une pimbêche et puis épilai le torse d’un vieux beau grincheux  et douillet qui me conta dans le menu, comment il avait été chercheur d’or en Amérique pensant ainsi me séduire. Ensuite, je rangeai ma cabine, mis ma blouse dans le lave linge, nos blouses blanches devaient être immaculées et nettoyer soigneusement ma surface de travail, j’attrapai mon sac non sans avoir vérifié le contenu de ma mallette. Au moment où je franchissias la porte :  

« Ah – Laurine, heureusement vous êtes encore là, j’ai omis de vous préciser que Madame Mésan... heu Loriot sera peut-être un peu en retard, la porte sera ouverte et vous entrerez directement dans la pièce à droite un genre de boudoir bleu.  CISEAUX_ONGLE_DROIT_10_CM_4431_IC18410

Je bredouillai un bien madame et je me mis en chemin  au cours duquel je me surpris à rêvasser. Je souhaitais que ma vie un peu terne, mes quelques amants n’ayant jamais daigné réchauffer mon lit plus d’une semaine prenne un tour plus souriant. Je souhaitais qu’il m’arrive le prince charmant ou une aventure un peu chelou ou border line. Mais bizrrement il ne m'arrivai jamais rien.

Je ne croyais pas si bien dire. Je progressai à petits pas dans la rue Lanterne ;  j’eus du mal à repérer la maison. Les numéros attribués de manière fantaisiste ne se suivaient pas. Enfin j’arrivai subitement dans un espace en croissant de lune où je vis une grille entrouverte. Je suivis les instructions et allai m’installer dans le canapé quand en le contournant je trébuchai sur quelque chose… Un cadavre… Un homme en costume gris foncé  était étendu là par terre,  une large tache brune s'étalant sur la poitrine. Machinalement je tendis ma main vers la blessure ; je sentis un objet dur et métallique? Je retirai vivement mes doigts ; ils étaient poisseux de sang.

En me relevant, je vis par la fenêtre une femme, les cheveux blancs qui tenait un cabas à provision dans la main gauche franchir l’entrée.

« - Qui est là ?  Il y a quelqu’un ? demanda t-elle avant de se rendre dans le boudoir où elle fit quelques pas. Par la suite je compris qu’elle avait senti ma présence plus qu’elle ne m’avait vu .Laurine hurla : attention vous allez lui marcher dessus ! Et elle se jeta dehors et dans la rue heurta un jeune homme, beau comme un dieu grec  qui passait là et qui la reçut dans ses bras non sans un brin de fierté.

à suivre peut-être

Je m'exerce à la nouvelle policière j'espère arriver au bout sans vous lasser !

 

Lilou

Jeudi 22 novembre 2012

avec les mots :  : pièce – progresser – ricaner – dépenaillé – aller – hoqueter – affaires – doué – cygne – tournée – auparavant – supporter – frère – surface – chercheur – projectile

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dimanche 18 novembre 2012

Une photo, quelques mots 56 : Un roman de gare

booksun photo quelques mots

 

 

 

 

 

photo Romaric Cazeaux

 

Aujourd’hui les  vide greniers fleurissent comme des marguerites dans un champ de blé en plein mois d'août

Dans le petit village Trifouilly les trois monastères, Mamie Ginette a préparé ses cartons ; des vieux bouquins qu’elle conservait depuis qu’elle avait fermé sa librairie. Vingt ans qu’elle conservait des exemplaires anciens de romans classiques ; oh pas des éditions luxueuses mais dignes d’intérêt pour des petits collectionneurs. Alors que la dernière ficelle avait été nouée, elle entendit un cri. Un cri terrible, déchirant, inquiétant, angoissant, larmoyant, coléreux et colérique bref un cri de désespoir résonne comme le tocsin.

Flash back : Il y a un mois quand Mamie Ginette s’inscrivit au vide grenier, elle embaucha quelques galopins du village, heureux de gagner trois sous. Ah ! Ils se régalèrent, les gamins.

Il fallait voir comme, ils faisaient valser les bouquins. Ils triaient, rangeaient dans des petites caisses ou  cartons au plaisir des livres. Ceux-ci étaient ravis que des mains les tripotent de nouveau, les tournent et les retournent encore et encore ; le bonheur était à son comble quand les caresses d’un chiffon doux enlevaient la mince couche de poussière qui les empêchait de respirer. Ils seraient lus ou critiqués, survolés ou analysés mais il aurait une autre vie. Et il y avait de quoi satisfaire tous les insomniaques, les papivores amateurs de polars, science-fiction, géopolitique, cuisine et jardin, biographies ou encore romans d’amour etc.

Un, un seul livre resta seul dans un coin noir de hangar de Mamie Ginette. Oublié ? Non Rejeté ! Oui rejeté. Roman de gare ont-ils dit !

Alors la moutarde lui est montée au nez quand il a entendu qu’il n’était qu’un roman de gare ! Alors aujourd’hui il hurle :

Certes, je ne suis pas un Goncourt, un Renaudot ou l’Interallié. D’ailleurs ces livres-là qui s’en souvient un an ou dix ans après. Parlez moi de Maupassant, de Flaubert de Montaigne ou Zola ! Voilà des beaux livres !  Mais que croient- ils ces prétentieux ! C’est quoi au juste un roman de gare ? Un peu d’aventure, une intrigue policière pas toujours bien ficelée je suis vous l’accorde,  un peu d’amours contrariées mais torrides  qui finissent bien, des héros jeunes et beaux comme des dieux et un méchant qui lui finit toujours mal. Enfin tout les ingrédients nécessaire pour faire un roman d’été celui qui fait que l’on passe des vacances super sans se prendre la tête.

Pauvre petit « roman de gare » traité comme un roman à l’eau de rose !

 

Lilou

dimanche 18 novembre 2012

 

 

Posté par lilousoleil à 16:05 - - Commentaires [6]